16099 shaares
« Voici la version originale de mon interview avec Hawad, paru dans le journal kurde Yeni Ozgur Politika. »
Le texte est assez long, mais intéressant à lire. Quelques extraits :
« Dans les années 1960, les Touaregs ont été divisés entre 5 nouveaux Etats héritiers de la colonisation : le Mali, le Niger, la Haute-Volta (actuel Burkina Faso), la Libye et l’Algérie. Notre mobilité est devenue un délit entre ces frontières artificielles qui ont découpé notre territoire et nos espaces de circulation. Toutes nos activités caravanières ont été interdites. Les Touaregs n’arrivaient plus à vivre. Et quand la sécheresse de 1973 est arrivée, j’ai vu nos campements décimés, les gens mouraient, eux et leurs troupeaux, dans l’indifférence absolue des autorités qui détournaient l’aide internationale à leur profit personnel. C’était horrible. Les jeunes Touaregs sont partis massivement pour tenter de décrocher un petit emploi afin d’aider leurs familles, beaucoup sont morts d’épuisement ou ont perdu la raison sur la route de l’exil1 qui menait vers les chantiers pétroliers du nord, en Algérie et en Libye, sur les terres touarègues confisquées. Je suis parti moi-aussi chercher de l’embauche sur ces chantiers. Nous, les nomades interrompus par les nouvelles autorités territoriales, nous sommes devenus les ishumar, d’après le mot français « chômeur » car nous étions tous à la recherche d’un travail. »
« Dans sa chair, la région est donc presque détruite. Ne parlons pas de la confiscation de nos terres que l’Etat nigérien cède chaque jour à des entreprises minières internationales. Ne parlons pas non plus du saccage du patrimoine culturel touareg, avec ses milliers de dessins et d’inscriptions tifinagh gravés sur les rochers.
Aucune compensation pour ce désastre, ni écoles, ni hôpitaux, ni routes, ni aucun service de l’Etat, la région est dans une misère totale, la répression est plus forte qu’au Mali. »
« Jusqu’à aujourd’hui, il y a des personnes prêtes à se soulever, même si le moment n’est pas favorable pour l’instant. Il ne faut pas oublier qu’il y a des bases de drones qui survolent nos terres, et qu’à la moindre occasion qu’on leur donne, ils vont nous massacrer car, ici, l’intérêt est concret, c’est le cœur même de tout ce qui affecte les Touaregs, c’est Arlit avec les mines d’uranium. L’adversaire sur ce terrain n’est pas seulement français, il y a les Chinois, les Canadiens et d’autres. Enfin, les milices paramilitaires qui harcèlent les Touaregs sont recrutées au Niger chez les sahariens arabophones. »
« Ce n’est pas le modernisme en lui-même qui a causé des dégâts, ce sont les dégâts que peut faire l’importation de la culture dite « moderne », c’est-à-dire la culture hégémonique, à des peuples qui n’ont pas d’Etats… Mais les Touaregs résistent en utilisant une de leurs compétences, la flexibilité nomade.
Par rapport aux « paillettes » de ce qu’on appelle la « modernité », comme ses gadgets technologiques, il y a eu de l’engouement et, chez certains, de la renonciation à soi, mais les Touaregs ont une capacité précieuse : savoir domestiquer et métamorphoser rapidement ces outils arrivés de l’extérieur. Donc je pense que le problème n’est pas le modernisme, c’est l‘impérialisme culturel des Etats et de leurs alliés puissants. Malheur aujourd’hui au peuple qui n’a pas d’Etat. La culture, la langue deviennent des choses imposées, c’est une des batteries importantes de la domination. Mais les Touaregs savent aussi détourner ces objets de la modernité pour des usages imprévus. Face aux dégâts de la domination, ils arrivent encore à bricoler des originalités qui portent leur empreinte.
Jusqu’en 1980, on ne pouvait pas imaginer des Touaregs mettant en difficulté une armée sur le plan militaire avec des armes modernes. En moins de cinq ans, ils ont rapidement maîtrisé cela. Nous avons vu des gens, non scolarisés, capables de s’orienter sans problème et sur tous les plans ( économique, culturel, linguistique, social, spatial, technique…) dans des espaces urbains hypermodernes comme New-York. Donc, oui, il y a eu des dégâts, mais il y a des formes originales de résistance et adaptation chez les Touaregs. Par contre, le problème est de comment trouver un espace pour les rendre encore plus originales et se les approprier collectivement. »
« Bien sûr, le danger qui guette l’émigré ou celui qui s’intègre au système dominant, nous le connaissons. C’est de devenir le clown du système qui le mange, le clown de l’ogre. »
Le texte est assez long, mais intéressant à lire. Quelques extraits :
« Dans les années 1960, les Touaregs ont été divisés entre 5 nouveaux Etats héritiers de la colonisation : le Mali, le Niger, la Haute-Volta (actuel Burkina Faso), la Libye et l’Algérie. Notre mobilité est devenue un délit entre ces frontières artificielles qui ont découpé notre territoire et nos espaces de circulation. Toutes nos activités caravanières ont été interdites. Les Touaregs n’arrivaient plus à vivre. Et quand la sécheresse de 1973 est arrivée, j’ai vu nos campements décimés, les gens mouraient, eux et leurs troupeaux, dans l’indifférence absolue des autorités qui détournaient l’aide internationale à leur profit personnel. C’était horrible. Les jeunes Touaregs sont partis massivement pour tenter de décrocher un petit emploi afin d’aider leurs familles, beaucoup sont morts d’épuisement ou ont perdu la raison sur la route de l’exil1 qui menait vers les chantiers pétroliers du nord, en Algérie et en Libye, sur les terres touarègues confisquées. Je suis parti moi-aussi chercher de l’embauche sur ces chantiers. Nous, les nomades interrompus par les nouvelles autorités territoriales, nous sommes devenus les ishumar, d’après le mot français « chômeur » car nous étions tous à la recherche d’un travail. »
« Dans sa chair, la région est donc presque détruite. Ne parlons pas de la confiscation de nos terres que l’Etat nigérien cède chaque jour à des entreprises minières internationales. Ne parlons pas non plus du saccage du patrimoine culturel touareg, avec ses milliers de dessins et d’inscriptions tifinagh gravés sur les rochers.
Aucune compensation pour ce désastre, ni écoles, ni hôpitaux, ni routes, ni aucun service de l’Etat, la région est dans une misère totale, la répression est plus forte qu’au Mali. »
« Jusqu’à aujourd’hui, il y a des personnes prêtes à se soulever, même si le moment n’est pas favorable pour l’instant. Il ne faut pas oublier qu’il y a des bases de drones qui survolent nos terres, et qu’à la moindre occasion qu’on leur donne, ils vont nous massacrer car, ici, l’intérêt est concret, c’est le cœur même de tout ce qui affecte les Touaregs, c’est Arlit avec les mines d’uranium. L’adversaire sur ce terrain n’est pas seulement français, il y a les Chinois, les Canadiens et d’autres. Enfin, les milices paramilitaires qui harcèlent les Touaregs sont recrutées au Niger chez les sahariens arabophones. »
« Ce n’est pas le modernisme en lui-même qui a causé des dégâts, ce sont les dégâts que peut faire l’importation de la culture dite « moderne », c’est-à-dire la culture hégémonique, à des peuples qui n’ont pas d’Etats… Mais les Touaregs résistent en utilisant une de leurs compétences, la flexibilité nomade.
Par rapport aux « paillettes » de ce qu’on appelle la « modernité », comme ses gadgets technologiques, il y a eu de l’engouement et, chez certains, de la renonciation à soi, mais les Touaregs ont une capacité précieuse : savoir domestiquer et métamorphoser rapidement ces outils arrivés de l’extérieur. Donc je pense que le problème n’est pas le modernisme, c’est l‘impérialisme culturel des Etats et de leurs alliés puissants. Malheur aujourd’hui au peuple qui n’a pas d’Etat. La culture, la langue deviennent des choses imposées, c’est une des batteries importantes de la domination. Mais les Touaregs savent aussi détourner ces objets de la modernité pour des usages imprévus. Face aux dégâts de la domination, ils arrivent encore à bricoler des originalités qui portent leur empreinte.
Jusqu’en 1980, on ne pouvait pas imaginer des Touaregs mettant en difficulté une armée sur le plan militaire avec des armes modernes. En moins de cinq ans, ils ont rapidement maîtrisé cela. Nous avons vu des gens, non scolarisés, capables de s’orienter sans problème et sur tous les plans ( économique, culturel, linguistique, social, spatial, technique…) dans des espaces urbains hypermodernes comme New-York. Donc, oui, il y a eu des dégâts, mais il y a des formes originales de résistance et adaptation chez les Touaregs. Par contre, le problème est de comment trouver un espace pour les rendre encore plus originales et se les approprier collectivement. »
« Bien sûr, le danger qui guette l’émigré ou celui qui s’intègre au système dominant, nous le connaissons. C’est de devenir le clown du système qui le mange, le clown de l’ogre. »
Un T.E.R. (travail d'étude et de recherche) qui traîne depuis belle lurette sur mon PC mais que je n'ai jamais pris le temps de lire. (Je sais même pu où j'ai chopé ça)
(83 pages, 725ko)
(83 pages, 725ko)
« Je crois que ce qui me tue le plus dans l'histoire d'Adama ce sont les gens qui justifient sa mort. On est dans un pays où la peine de mort a été abolie. C'est a dire que l'État français considère qu'aucun crime ne mérite la mort.
Mais soudain qd il s'agit d'un Noir de banlieue tout est bon pour justifier son assassinat. Y'a pas un jour sans qu'on nous fasse clairement comprendre que nos vies valent moins et que ns sommes des citoyens de seconde zone. Après ça va faire des reportages sur le sentiment anti France dans les banlieues.
Si on scande nique la France c'est peut être parce que la France nous nique tous les jours. Chaque parcelle de moi est épuisée de ce pays
Pour l'affaire du petit Cais ça hurlait " qu'est ce que vous faites de la présomption d'innocence on a pas toutes les preuves" mais tout d'un coup Adama vous avez la preuve qu'il était coupable ( de quoi je sais toujours pas) et qu'il méritait de mourir. »
Mais soudain qd il s'agit d'un Noir de banlieue tout est bon pour justifier son assassinat. Y'a pas un jour sans qu'on nous fasse clairement comprendre que nos vies valent moins et que ns sommes des citoyens de seconde zone. Après ça va faire des reportages sur le sentiment anti France dans les banlieues.
Si on scande nique la France c'est peut être parce que la France nous nique tous les jours. Chaque parcelle de moi est épuisée de ce pays
Pour l'affaire du petit Cais ça hurlait " qu'est ce que vous faites de la présomption d'innocence on a pas toutes les preuves" mais tout d'un coup Adama vous avez la preuve qu'il était coupable ( de quoi je sais toujours pas) et qu'il méritait de mourir. »
EDIT : Un autre article sur le sujet : http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20160729.OBS5559/info-obs-mort-d-adama-traore-il-a-pris-le-poids-de-nos-corps-a-tous-les-trois.html
Sans doute une frappe « chirurgicale ».
(via https://twitter.com/mathieumatiu/status/759123877381505029)
(via https://twitter.com/mathieumatiu/status/759123877381505029)
« FOX n FORESTS is a 2D 16-Bit style action platformer with adventure and puzzle elements! Set within a mystic forest and its surroundings, FOX n FORESTS is a stunning fable offering pixel perfect Retrotainment and rewarding challenges!
The game is inspired by the glorious days of 16-Bit and all time classics like Super Ghouls ’n Ghosts, Wonder Boy in Monster World and ActRaiser 2 as well as the Castlevania and Zelda series. »
« it will be available for download on PC, Linux and MAC »
(http://foxnforests.com/)
<3
The game is inspired by the glorious days of 16-Bit and all time classics like Super Ghouls ’n Ghosts, Wonder Boy in Monster World and ActRaiser 2 as well as the Castlevania and Zelda series. »
« it will be available for download on PC, Linux and MAC »
(http://foxnforests.com/)
<3
« Pathway is Robotality's upcoming tactical RPG set in a 1930s pulp adventure scenario
Pathway is currently in pre-alpha. The game will be released on Windows, Mac and Linux in 2017. »
Pathway is currently in pre-alpha. The game will be released on Windows, Mac and Linux in 2017. »
Entre The Last Night, Interference, The Way et maintenant DreamBreak, il semblerait que les projets de Flashback-like commencent doucement à poper sur la scène indé. C'est pas pour me déplaire. :)
Je pense que je me prendrais celui là quand il sortira sur Linux (cf https://steamcommunity.com/app/443570/discussions/0/352788917746464452/)
Je pense que je me prendrais celui là quand il sortira sur Linux (cf https://steamcommunity.com/app/443570/discussions/0/352788917746464452/)
« Depuis novembre 2015, les prorogations successives de l’état d’urgence ont conduit la France à demander systématiquement à déroger à la Convention européenne des droits de l’Homme. Déjà trois déclarations ont été adressées au Conseil. Bientôt quatre. »
« Je viens d'expliquer à mes soeurs pourquoi il y avait deux versions différentes de Stronger than you en Fr. C'était la minute pédagogie.
Elles ont pas trop compris pourquoi certaines personnes pensent qu'on ne peut pas montrer deux femmes amoureuses dans un dessin animé.
Dur d'expliquer l'homophobie comme concept. »
Elles ont pas trop compris pourquoi certaines personnes pensent qu'on ne peut pas montrer deux femmes amoureuses dans un dessin animé.
Dur d'expliquer l'homophobie comme concept. »
« le méchant musulman, caricaturé en sorte de bombe à retardement, supposément méfiant de notre mode de vie occidental.
Nos produits culturels véhiculent d’emblée ces idées, implicitement. Dans le documentaire Hollywood et les Arabes, on apprend par exemple que, depuis plus d’un siècle, "les Arabes forment le groupe ethnique le plus dénigré de toute l’histoire d’Hollywood. Ils sont généralement dépeints comme des sous-humains". »
Nos produits culturels véhiculent d’emblée ces idées, implicitement. Dans le documentaire Hollywood et les Arabes, on apprend par exemple que, depuis plus d’un siècle, "les Arabes forment le groupe ethnique le plus dénigré de toute l’histoire d’Hollywood. Ils sont généralement dépeints comme des sous-humains". »